Palmares...

dimanche 20 mai 2012 : Triathlon promo de Seneffe

samedi 12 mai 2012 : 70.3 Mallorca

dimanche 08 avril 2012 : Duathlon Promo de Chimay

samedi 31 mars 2012 : Semi-marathon des Crêtes de Spa

dimanche 25 mars 2012 : Duathlon Promo de Geluwe

dimanche 11 mars 2012 : 20ème sommets de Franchimont

samedi 03 mars 2012 : Triathlon Longue distance d'Abu Dhabi

samedi 30 juillet 2011 : 2011 - IRONMAN Bolton - 3,8km – 180km – 42km

jeudi 19 mai 2011 : ½ Triathlon Butgenbach

samedi 14 mai 2011 : 70.3 Mallorca

samedi 09 avril 2011 : ITU World Championship Sydney

samedi 05 mars 2011 : Ironman New-Zealand

dimanche 12 décembre 2010 : Half-Ironman Canberra City (Australie)

samedi 04 décembre 2010 : Toowoon Bay Ocean Swims (Australie)

dimanche 28 novembre 2010 : Triathlon Sprint CCTRI (Australie)

dimanche 14 novembre 2010 : Half-Ironman Shepparton (Australie)

dimanche 31 octobre 2010 : Triathlon Port Macquarie (Australie)

samedi 02 octobre 2010 : Jogging "Challenge Le Jour/Le Courrier" à Gemmenich

dimanche 25 juillet 2010 : 1/2 Anvers

mercredi 23 juin 2010 : Contre-la-montre de Hombourg

dimanche 20 juin 2010 : 3/4 Stein

dimanche 16 mai 2010 : Urban Tour Liège

dimanche 09 mai 2010 : 1/4 Toulon (France)

dimanche 04 octobre 2009 : Promo Herstal

samedi 15 août 2009 : Embrunman (France)

samedi 01 août 2009 : Eupen

dimanche 19 juillet 2009 : 1/3 Aarschot

mercredi 24 juin 2009 : Contre-la-montre VCH (Hombourg)

dimanche 21 juin 2009 : 3/4 Stein

dimanche 17 mai 2009 : 1/2 Leuven

jeudi 01 janvier 2004 : Chièvres 2004

2011 - IRONMAN Bolton - 3,8km – 180km – 42km

atation : 01:12:02
T1 : 0:13:14
Vélo : 2:30:00 pour les 90km
T2 : /
Càp : /

Récit d’une course douloureuse :

L’Ironman de Bolton représentait l’objectif principal de cette saison en Europe en vue de me qualifier pour Hawaï. Malheureusement deux semaines plutôt (le 14 juillet) une chute importante en France mit fin à mes désirs de qualifications… Effectivement, deux semaines plutôt, lors d’une promenade en vacances je chute lourdement d’une hauteur de 3m dans des rochers. Résultat : évacuation en hélicoptère, 33 points de sutures répartis sur tout le côté droit, une grosse entorse à la cheville droite et une très grosse frayeur.

C’est donc après 2 semaines de repos forcé, de rendez-vous quotidiens chez le kiné et de douleur que je m’envole pour Bolton (UK) afin de m’aligner tout de même sur cette course. Tout triathlète ayant réalisé un Ironman sait combien c’est douloureux et combien toutes ses propres forces vont être nécessaires… alors s’aligner en étant déjà blessé et en ayant mal était soit fou, soit insensé. Mais mon team était avec moi, la course, l’avion et l’hôtel étaient déjà réservés et je ne suis pas du genre à me débiner devant un défi pareil.

La veille de la course, petit repérage du parcours vélo et des environs en voiture, tentative pas vraiment fructueuse d’échauffement à vélo et totalement infructueuse en course-à-pied. La situation était malheureusement très claire : abandonner tout rêve de qualification, d’être finisher et il faudra juste essayer d’aller le plus loin possible.

Samedi matin je me lève donc à 4h pour me préparer et me rendre au parc à vélos en boitant légèrement, ce qui est loin d’être bon signe ! Je prépare mes affaires à mon habitude et vais me placer prudemment dans l’eau. Quelques mouvements de crawl pour m’échauffer avant le départ et je sens déjà que ces 3,8km de natation vont être très longs et douloureux : ma cheville droite me fait mal, le tape (espèce de bande adhésive soutenant l’articulation) placé par le kiné m’empêche de la mobiliser et je me retrouve à essayer de nager avec une seule jambe en tirant en maximum sur mes bras et les épaules. Le départ n’est pas encore donné et c’est déjà le calvaire… mais abandonner est pire que tout, surtout quand on focalise une saison sur un tel rendez-vous. Je me rapproche du groupe, le départ est donné et la torture commence. Chaque coup que je prends sur la cheville me fait serrer les dents, chaque bousculade trouve quelque part sur moi une zone sensible et douloureuse. Nager avec une seule jambe en trainant l’autre me déséquilibre totalement et des douleurs apparaissent dans le dos et les épaules mais je ne peux pas abandonner, je ne veux pas. À ce moment il me reste encore un tour, encore près de 1800m à me battre contre l’eau, contre ma douleur et à essayer d’éviter tout concurrent. A plus-ou-moins 1000m de l’arrivée le nageur à ma droite sort sa main en même temps que moi et vient taper contre la mienne. Je crie et je m’arrête, j’ai trop mal. De la chute il me restait 5 points de sutures dans la paume de la main droite. L’autre nageur s’arrête lui aussi, me demande si ça va puis repart. Moi je prends le temps d’enlever le pansement (qui ne servait plus à rien) et de regarder ma main : la cicatrice s’était ré-ouverte et je saignais. Plus que 1000m… abandonner ne faisait clairement pas partie de mes options, surtout pas dans le première discipline, je devais pouvoir tenir au moins le vélo. Je repars et recommence à tirer sur mes bras pour tenter de glisser le moins douloureusement possible jusqu’à l’arrivée. J’y parviens. Un bénévole m’aide à sortir de l’eau en attrapant ma main droite (il n’avait pas vu qu’elle était ensanglantée), ça a fait mal mais pas pire que la torture que je venais de subir pendant 1 heure et 12min (10min de plus que mon meilleur temps). Mon team est là avec les appareils photos et des sourires d’encouragement. Je les regarde dépité et je traine ma cheville jusqu’au parc à vélo.

Longue transition car je vais trouver le poste de soins pour me faire refaire un pansement histoire d’espérer pouvoir m’appuyer un peu sur le guidon de mon vélo. Je prends la course d’une autre manière. Il ne sert plus à rien de s’énerver ou de froncer les sourcils, « j’ai déjà passé la première épreuve, pour le reste… on verra ! » Je prends mon vélo calmement mais je ne veux pas lâcher l’affaire. « Le vélo n’est pas agressif pour les articulations, il me permettra peut-être de trouver un peu d’amplitude pour ma cheville avant la course-à-pied ». Effectivement, je roule et me sens plutôt bien ! Les jambes sont bonnes, sur le prolongateur, la vitesse file – même en changeant les vitesses uniquement avec ma main gauche – et je dépasse des centaines de concurrents pendant les 30 premiers kilomètres. Mon temps à vélo à ce moment égale les chronos du top 10. C’est après que ça se corse. Entré sur le circuit local (3 boucles de 50km), je suis obligé de changer de position et de tenir mon guidon à deux mains car le parcours est fort vallonné.

Ma main droite peut à peine toucher le guidon que je serre cependant de toutes mes forces pour continuer. A chaque trou dans la route, chaque pavé, chaque changement de revêtement, les chocs viennent se répercuter dans ma main droite. C’est insupportable, limite inhumain et je commence à me sentir mal. La tête tourne, des vertiges apparaissent ainsi que des douleurs abdominales. « Tenir, ça va passer ». Ca ne passe pas, je m’arrête au bord de la route, je pense devoir vomir. « Non, ça ne vient pas ». J’attends et je tremble, je sens que le malaise n’est pas loin mais je me sais entrainé, je sais que je peux encore tenir comme ça et que je suis capable de rouler dans des conditions difficiles. Je me remets en route à une seule main pendant encore 5km avant de bifurquer vers la zone de transition… rouler à une seule main sur de petites routes vallonnées devenait dangereux pour moi ainsi que pour mes concurrents. Ma course s’arrête donc là, dans ce hall sportif rempli des sacs de tous les triathlètes qui allaient effectuer leur transition dans les heures qui suivraient. Je croise les regards étonnés et compatissants des bénévoles et des organisateurs. La course est terminée pour moi mais j’ai fait le maximum possible dans cet état et j’ai dépassé mes limites, c’est une satisfaction comme une autre.

Simon Belleflamme Montzen triathlon embrunman ironman ironsim hawaii vélo course champion marathon nage endurance triathlète longue distance pied